L'heuristique traite des processus mentaux par lesquels nous prenons en compte des découvertes intellectuelles. Son objet ne peut être autrement plus compréhensible que depuis l'exclamation: eurêka! (j'ai trouvé), en ce qu'elle montre que la découverte vient au tribunal du for intérieur établi dans la souveraineté de soi, en ce que la preuve de vérité ne peut être qu'indirectement sanctionnée par des apparences sensibles, ou par les affirmations d'autrui, fût-ce celles du spécialiste. Une méthodologie heuristique sert la découverte intellectuelle, en ce sens que s'instruire ne suffit pas. Pour découvrir, il faut de plus apprendre à apprendre. C'est un sujet encore presque vierge, étant distingué de celui propre à l'épistémologie.
Nous avons de nos jours oublié que la réflexion philosophique
représente pour l’entendement le contrepoids de l’expérience objective. Pour
pénétrer un devenir postmoderne, il semble crucial de laisser au vestiaire ce
qui fait l’habit de la pensée contemporaine: celui au moyen duquel nous nous
suffisons des conclusions technoscientifiques ramenant toute existence à ce qui
se manifeste physiquement.
En tant que critique des conclusions
matérialistes s’imposant tacitement comme un dogme dans l’enseignement moderne,
le présent livre vise plus particulièrement à retrouver une liberté de pensée
en mettant nos pas dans ceux de Paul JANET.
Guidé par l’étendue de la
culture de Paul JANET, ce livre montre en arrière plan que si nous ne pouvons
que chercher dans des directions particulières conjointes d’intentions qui sont
forcément exclusives d’autres, alors nous ne devons pas éluder le fait que nous
sommes chacun — étudiant, érudit, ou spécialiste —, à croire par opinion quelque
chose qui ne saurait être crédité d’universel.
D'où une interprétation de
la fonction philosophique instaurée métascientifiquement à réunir croyances
d'entendement et savoirs d’expérience en un niveau de signification dépassant
leur séparation. La philosophie permet de cela aujourd’hui d’appréhender à
nouveaux frais l’idéalisme platonicien, afin de pouvoir regarder le monde dans
un face-à-face univoque physicopsychospirituel.
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Heuristique de l'émergence métascientifiqueAvec Paul JANET, la clé d'une réflexion
émancipatrice
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Depuis l'antiquité et quasiment en toutes les cultures, on a distingué trois mondes. Celui des choses matérielles fondé sur des substances physiques, celui médian propre aux êtres, les êtres étant responsables des actions matérielles, et enfin un monde divin, source ontologique des êtres. En gros on peut dire que la science s'est emparée du premier, la philosophie du second, et les religions du troisième. En quoi les œillères du matérialisme scientifique vis-à-vis des deux autres continuums seraient-elles pérennes, si c'est par dogme que la science étend son hégémonie au delà de sa fonction limitée à l'expérience physique de la nature?