
Cette page pour marquer le projet d'une réflexion en cours.
Demain nous tiendrons certainement que les différences
individuelles qui se sont formées au travers des cultures depuis la diversité
des écoles de vie représentent une inestimable richesse pour l'avenir de l'humanité. Et
dans cette circonstance, au contraire de tolérer ces différences lorsqu'on est
en quête partisane d'une pensée unique, tenter de les comprendre se fera
certainement à pouvoir diminuer nos propres lacunes.
Déjà, pour retombée de cette disposition cernée en ethnométhodologie face au
prêt-à-porter intellectuel marquant l'idéologie présente, il est sans doute bien
naïf de croire que le critère de civilisation s'évaluera toujours en termes de
consommation, de jouissance des acquis, et donc à devoir promouvoir la seule
économie matérielle, ce auquel parait suspendue l'humanité présente. Dans les
pays "matériellement" développés, les activités de production n'en sont déjà
plus à satisfaire de simples besoins matériels: un stade recherché à l'origine
pour justifier par des motifs humanitaires cette activité sociale. Preuve, s'il
en est, le harcèlement publicitaire. 400 milliards d'euros par an, c'est
l'estimation sans doute sous-estimée des dépenses publicitaires mondiales dont
l'unique raison auprès des gens accédant au superflu (quand les plus riches
d'entre eux s'adonnent au luxe depuis les revenus financiers entraînant une
misère compensatoire venant de raqueter la valeur ajoutée du travail des
laborieux), est de les inciter à surconsommer. Mais à combien
peut-on chiffrer, au titre de ce qui pénalise une macroéconomie planétaire,
l'incidence des concurrences (brevets et coûts juridiques de l'appropriation des
idées)? Il n'est aucune morale dans le monde des affaires! Le terrain de
bataille en ce domaine est livré aux avocats. Ce qui motive le monde de la
finance est de faire de bonnes affaires sans se poser la question des
conséquences. Point de morale sociale à surproduire des intérêts particuliers au
détriment des intérêts de l'humanité. C'est un système qui assimile des
avantages concurrentiels aux principes d'économie. Or qu'est-ce qui est nouveau de cette
disposition traversant les siècles? Lorsque la pression des lois pouvait
restreindre la capacité prédatrice des intérêts particuliers à l'intérieur des
nations, des adaptations juridiques suivaient l'évolution de l'inventivité des
sources de profit. Mais à l'heure de la libre finance sans frontières, le droit
des États nationalistes, pour cause d'en être encore entre eux à revendiquer leurs privilèges de
souveraineté, perd ses possibilités de contrôler le monde de la finance devenu
mondial. Et précisément, pour cause des séparations territoriales dans la
souveraineté des États nationalistes, à combien encore chiffrer le lot des
dépenses militaires venant de tels privilèges archaïques, tout aussi inutiles
pour le bienêtre de l'humanité? Le leitmotiv sous-entendu convenant à la
majorité politique des États s'enfermant dans le présent est à se dire: «Si
nous ne profitons pas opportunément et sans retenue de ce que nous avons hérité,
d'autres que nous ne s'en priveront pas, ce qui fait que nous serions bien bête
de ne pas faire comme les autres». Les conséquences sociales d'une
semblable option individualiste des politiques nationalistes sont là,
inévitables!
Je n'avance pas ces choses à satisfaire
une demande quasi endémique en prophétisme apocalyptique. Il est aisé de prévoir
que beaucoup de personnes se suffiront encore longtemps de leurs dépendances au
système social qui ne profite qu'aux micro-économies, et qu'elles ne chercheront
pas le dépassement des satisfactions correspondantes. Mais ce but ne doit-il pas
dès à présent s'effacer pour certains qui, d'âme et en conscience aperçoivent ce
qui se trouve potentialité dans l'être humain venant d'envisager l'avenir
autrement que comme la simple reconduction déterministe du passé?
L'évolution des mentalités progressant, il devient raisonnable de
prédire qu'à ne plus consacrer le meilleur de sa vie à l'emprise de ce
qu'on peut avoir, un nombre non négligeable de personnes découvriront
aussi ce qui les fait être: la qualité de pensée, une vie
intérieure, une culture et des relations humaines formatrices de soi, autant
qu'enrichissantes… Autrement dit, surajoutant à la maîtrise environnementale en
vue de son appropriation, des préoccupations qui ne négligeront pas
l'accomplissement de l'être humain lui-même.
Au travers de ce qui sanctionne la réussite ou l'échec dans le
référentiel des biens matériels, ce qui caractérise aujourd'hui les minorités de
conviction est précisément d'explorer de nouvelles valeurs à vivre; de celles,
nombreuses, qui restent encore à connaître afin de continuer d'accomplir le
potentialisé dans la nature humaine. Nous l'avons vu à propos d'une métascience
ne séparant plus la physique phénoménologique d'une nécessaire existence métaphysique complémentaire, en
vue d'une sapience personnelle émancipatrice des enseignements académiques à
faire idéologiquement époque. Le Cosmos n'est pas, il devient, réalisant ce qui
est potentialisé en lui. De même qu'il semble que ce soit une illusion de
considérer que le Cosmos est, de même pour nous qui en faisons partie intégrante: nous ne sommes pas,
nous devenons. Le monde intègre dans son moyen, tout comme le devenir
humain considéré comme élément du devenir du monde, un processus réalisateur
sous-jacent d'une instance performatrice réalisant le potentialisé.
Une disposition à inclure la phénoménologie sociale de la façon que
voici. Les choix personnels et personnalisables qui nous mobilisent chacun dans
les coordonnées du meilleur, du plus beau et du plus vraisemblable ne cesseront
pas de se perfectionner au cours des siècles. C'est donc d'une façon corrélée à
l'évolution de l'humanité elle-même que les générations successives passent par
des paliers organisateurs de la complexification sociale. Après des évolutions
effectuées par le passé allant de la tribu aux nations, en passant par les
féodalités et les royaumes, nous visons présentement la globalisation des moyens
humains se concrétisant au niveau mondial de participation. Conséquemment, dans
le contexte actuel des séparations ethniques et institutionnelles qui restent
parmi les richesses acquises aux acteurs du passé, ce ne sont plus des
appartenances nationalistes qui peuvent ouvrir les mentalités sur un devenir se
configurant aujourd'hui à passer le cap de la complexité des relations sociales
advenant maintenant au niveau planétaire, mais le mixage interculturel, le
métissage formant progressivement l'avenir d'une société civile, au sortir de
beaucoup de traditions plus ou moins sclérosées, parce que refermées sur
elles-mêmes.
C'est dans l'émancipation individuelle,
par laquelle on est à s'ébrouer de la poussière résiduelle des siècles passés,
qu'une nouvelle ouverture mentale est requise pour participer du futur. Car
durant l'inévitable période de transition entre deux époques, les traditions,
dans leurs configurations refermées sur des clôtures culturelles et des
frontières territoriales, ne peuvent guère servir de modèle. Tant il est vrai
qu'au vin nouveau, et semblablement pour la cuvée des idéaux advenant de
nouveaux entendements, les vieilles outres ne conviennent plus. Ce qui fait que
durant les périodes d'adaptation entre deux états sociologiques —en l'occurrence
entre deux ordres: le territorial et le mondial—, rien ne semble pouvoir
remplacer le jugement personnel délibéré en conscience. Mais est-ce à devoir
considérer le passé sous l'angle des profits et des pertes, au sens de nos
anciens étalons de mesure? Non pas, puisque pour ce qui relève du processus de
réalisation, la possibilité du nouveau advient en raison directe du déjà
réalisé. Comprenons le bien: au moment des premières alliances tribales, ce qui
périt sont des tribus évoluant individuellement sans tenir compte de leurs
voisines, pas les tribus elles-mêmes. C'est semblablement que de la naissance des nations, ce qui a
péri fut le pouvoir des féodalités seigneuriales, pas les bourgs, ni les
régions, sauf comme dommages de guerre entre seigneurs. Et c'est de même qu'avec
la mondialisation, ce qui est périssable vise le nationalisme étatique installé
dans ses anciennes prérogatives de souveraineté, pas les nations, sauf encore
dommages de guerre entre les nations. C'est encore semblablement que le fil
d'Ariane d'une future communauté civile sans frontières autres que terrestre ne
passe nullement par la fin des institutions religieuses, académiques et
politiques: ce fil d'Ariane est à nous conduire seulement au delà de la
séparation dogmatique des religions et idéologique des politiques nationalistes.
Non, le monde propre à l'humanité ne changera pas
indépendamment des activités personnelles de chacun, celles venant de participer
positivement du monde dans la responsabilité de soi qui se pose inséparable du
libre-arbitre. Certainement, ce monde-là continuera de se réaliser au prorata
des efforts et des luttes de chacun dont les expressions volontaires s'accordent
avec ce qu'on entend et aperçoit à l'intérieur de soi par l'esprit.
En l'atelier mondial des échanges interpersonnels, ce auquel nous
aspirons par-delà des insuffisances individuelles, nous l'apercevons au travers
des idéaux. Des innovations heuristiques, épistémiques, philosophiques et
spirituelles qui dépendent du renouvellement de tels idéaux. Exercées dans
l'autonomie de soi, ces innovations participent du renouveau de la pensée venant
du vécu de la personne se réappropriant une sapience, une sagesse et une foi à
dépasser les dogmes à leur propos.
Certes, si l'on en
juge dans la clôture mentale objectivement restreinte à l'actuel, c'est-à-dire
réduite aux possibilités présentes tenant compte de multiples inerties
conservatrices, ces choses apparaîtront bien utopiques. Mais l'esprit, lui, ne
se reconnaît pas en cet enfermement mental se tournant vers le seul principe
déterministe de la causalité des interactions phénoménologiques. Ce qui est
impossible restrictivement aux conditions de l'actualisé est en effet très
réduit par rapport à l'entendement de ce qui se trouve potentialisé sur
l'échelle du temporalisable dans l'instance cosmique de réalisation
performative. Et c'est faire acte d'un esprit positif que de ne pas
court-circuiter le temps de transformation réalisant ce qui est potentialisé
dans l'humanité, jusqu'à tenir l'entendement d'un monde idéal pour rien, à ne
considérer que la seule maintenance phénoménologique des états réalisés de ce
qui est en devenir. Autrement dit, ce n'est semble-t-il nullement d'être guidé
par des idéaux qui s'avère utopique, mais bien plutôt de ne pas tenir compte de
l'histoire pour saisir ce qui est réaliste de vouloir au présent. Par exemple,
lorsqu'on s'en tient aux seules causalités physiques, croire qu'éradiquer les
prédateurs, les indifférents et les profiteurs (les 'mauvais', en tant que
socialement non souhaités), cela peut faire progresser le bien et le bon dans
nos systèmes de sociétés. Ou encore croire qu'accroître la liberté des plus riches peut
diminuer la pauvreté, puisque ce trait est représentatif de l'actuelle idéologie
économique dans les dispositifs coercitifs des populations laborieuses,(1)
en plus que les lois liberticides contre-démocratiques qui sont à le permettre,
ne font qu'enrailler les dispositions naturelles des individus à participer
volontairement des améliorations sociales au prorata des efforts personnels
dépensés pour s'améliorer eux-mêmes.
En référence à notre époque, on peut dire
que la démocratie est la meilleure forme de gouvernement, déjà en ce qu'elle
permet de prévenir dans une certaine mesure les dérapages du pouvoir. Mais c'est
à la condition que les politiques ne se suffisent pas de simulacres
démocratiques en promulguant des lois qui ne sont qu'à satisfaire les apparences
de l'équité. Par un travail de réflexion et l'expérience, je crois que l'avancée
dont il est ici question ne viendra pas des artifices que constituent les forces
associatives, mais au moyen de réels efforts toujours individuels et personnels
sur soi.
(1) Résultat, seulement
durant la décennie, le nombre de milliardaires à été multiplié par 5, tandis
que l'appauvrissement des laborieux a augmenté en proportion, puisque c'est
aujourd'hui 40 % de la population qui ne reçoit plus que 5 % des revenus
mondiaux. Pour comble, ces chiffres viennent du rapport 2007-2008 du Programme
des Nations unies pour le développement!
DVH (Défense des Valeurs Humaines) fut une minuscule
association loi 1901 créée en janvier 1994. Elle donna lieu à des échanges
amicaux autour d'une revue de philosophie (ISSN 1165-9637), de parution
trimestrielle et diffusée à 35 exemplaires. La revue cessant de paraître pour
cause de ce qu'elle absorbait trop mes loisirs occupés d'autres projets,
l'association fut mise en veilleuse, pour finir par s'éteindre naturellement
comme tout ce qui naît ainsi qu'un moyen; seule l'amitié subsista. Cette fin
très naturelle de l'association qui représentait une tentative de participer
très modestement de l'émancipation humaine est pour moi une leçon à m'ouvrir les
yeux sur l'essentiel, savoir que la forme associative ne peut s'exprimer
communautairement qu'à se caractériser par rapport à ce qui est hors
d'elle. L'association parait alors un moyen inapproprié pour conduire
l'acquisition d'une sapience et d'une sagesse des choix d'actions susceptibles
de sortir du principe de souveraineté, même en ce qui est de la personne. Quant
au destin
personnel, on ne peut l'accomplir en tant qu'être que par nos choix personnels
passant par le relationnel que nous entreprenons à notre altérité. Le principe
de souveraineté de la personne ne semble pouvoir subsister qu'en tant qu'il est
opposable à des asservissements de la personne par ses semblables.
Dans mon idée, la forme associative est contradictoire, et
consécutivement inappropriée à la pleine émancipation individuelle à permettre
une libre participation sociale, sinon comme amicale. Cela
vient de ce que le parcours de chacun entreprenant de progresser dans
l'autonomie personnelle repose sur des forces, efforts et luttes dont la source
se trouve en soi. Oui, ce qui peut soutenir de l'extérieur des mutations
entreprises en chacun passe par les sentiments humains et une ouverture aux
autres, bien peu par le moyen des clôtures relevant de groupements d'intérêts,
fussent-ils spirituels, en ce qu'ils sont plus ou moins grevés de soumissions
consenties.
L'avancement des technosciences, en poursuivant la
connaissance et la maîtrise du monde matériel, représente ce qui mobilisa
jusqu'à notre époque le meilleur de l'humanité. Une réalisation si bien
aiguillonnée par ce qui caractérise notre degré de civilisation que représentent
toutes sortes d'entreprises de production et de groupements de consommateurs en
concurrence les uns les autres. Cependant qu'une idéologie visant à améliorer le
milieu matériel de la vie, bien qu'il soit souhaitable d'en poursuive
l'accomplissement, ne pourra satisfaire aussi ce qui en continuité rendra compte
des interrogations expliquant les actes que nous entreprenons dans le for
intérieur du libre arbitre humain en vue d'être. Autrement dit, subsisteront des
progressions de soi que ne pourront concerner
l'amélioration de notre niveau matériel de vie.
À complémenter les
progrès technoscientifiques dans la maîtrise de notre environnement, sont alors
des entendements provenant des ressources d'une vie intérieure. Entendements
personnels à permettre, dans l'autonomie de son propre vécu, la
progression des personnes elles-mêmes.
Des progrès sociologiques et gouvernementaux firent que nous pouvons maintenant soutenir que la personne humaine est fin spirituelle à n'être pas réduite à des moyens matériels; que par sa faculté de personnalisation, l'humain est doué de propres ressources intérieures pour la possibilité qu'il a de s'affranchir des conditionnements et comportements hérités, tout comme il s'affranchit des contraintes environnementales.
D'un point de vue juridique, la souveraineté par libre
arbitre de la personne humaine considérée en rapport des réalisations visant ses
propres finalités depuis ses choix personnalisés de participer du monde, se dégage
des conventions internationales des Droits à la personnalité
dotant tout humain d'une opposition absolue en ce qui est de son intégrité et de
ses propres choix à autodétermination. Un engagement personnel et
individuellement personnalisé vient de ce droit. Mais dès lors qu'il restera des
mentalités d'esclaves, de soumis et d'exploités, il y aura des tyrans et des
dictateurs, des conducteurs de troupeaux et des gens occupés de cupidités. Le
revers de l'un à l'autre d'une telle configuration est par nature indissociable
et fait référence au processus de progression de l'être humain. Mais
l'émancipation de la personne humaine ne peut venir de seulement reconnaître socialement
son
droit. Par nature, l'émancipation individuelle ne provient pas de l'extérieur.
Si son constat peut être entériné par l'observation des résultantes collectives,
l'émancipation ne s'acquiert qu'individuellement, c'est-à-dire moins en
correspondance à des luttes sociales, qu'à partir des réalisations de soi, de
celles qui impliquent encore plus de courage que le face-à-face aux difficultés
du milieu de vie, mais qui nous libèrent vraiment.
C'est à la disposition
que nous venons de voir que la souveraineté de soi opposable au tiers engage chacun à pouvoir de
lui-même choisir:
— d'agir depuis des dispositions réciproques par
affectio societatis, en tant qu'intention, depuis des sympathies vécues qui
ont pour retombée pratique de collaborer sur un pied d'égalité, pas seulement en
droit, mais de plus en fait; égalité précisément fondée sur la souveraineté de
la personnalité propre à chacun, indépendamment des différences en
qualifications tenant aux fonctions exercées, ou à des différences d'acquis en
propriétés matérielles;
— De progresser par soi-même en droiture, au fil
d'une actorialité vécue au monde des personnes visant à réduire, par des actes
librement personnalisés, la distance de ce que chacun aperçoit d'âme et de
conscience en évoluant dans les trois coordonnées que sont la recherche de
toujours plus de beauté, de vérité, et du bien faire; donc sans soumission, ni
contrôle d'aucun semblable et, consécutivement, à tenir aussi par réciprocité
les mêmes considérations pour tout autre que soi;
— De collaborer à
l'édification des valeurs humaines, autant qu'à leur défense en vue de la
progression d'une citoyenneté toujours plus universelle venant, non pas d'agir
sur autrui, mais sur soi-même.
Notons que créditer ce qu'on vient de
proposer dans son expression succincte et perfectible préfigurant le libre choix
d'autonomie responsable implique, en tant que ce choix est ou n'est pas
partageable, d'admettre aussi pour d'autres, par cohérence, son aspect
contraire aliénant. Savoir, pleinement accorder qu'en référence au même
circonstanciel, des personnes puissent choisir d'exercer leur tutelle sur
d'autres individus, et tel qu'elles soient confrontées aux mêmes dispositions
d'autrui vis-à-vis d'elles-mêmes, que ce soit sous la forme consentie, ou que ce
le soit d'une manière coercitive.
Pour la raison que cette liberté n'est
ici validée d'âme et en conscience qu'à faire vivre l'épanouissement de la
personne humaine dans sa libre participation du collectif, elle
se trouve posée de façon pragmatique à n'avoir besoin d'aucun parti politique,
d'aucune institution religieuse, comme d'aucun dogme philosophique à devoir
l'entériner. C'est semble-t-il la seule façon d'admettre le critère
d'autonomie responsable sans faire référence à la dignité humaine, ou
au caractère sacré de l'humain par extension comme promesse de filiation
divino-humaine. En effet, historiquement c'est une liberté naturelle qui de
facto antécède les dispositions fondatrices constitutives d'un droit
institutionnel, pas l'inverse. Que l'on démontre sinon comment faire abstraction du
principe de liberté, en conservant la notion de jurisprudence, puisque de
factice, en tant qu'artifice social, elle devient alors fictive: elle perd sa
réalité, le droit n'ayant plus de raison d'être s'il ne concerne pas le critère
de liberté sociale.
Les événements sociaux sont à montrer l'échéance d'un renouveau social pouvant s'établir pour la première fois d'une façon coordonnée à l'échelle planétaire.
En toutes nations, nous approchons plus ou moins d'un seuil d'intolérance. Augmentations intempestives des taxes et des impôts, cumulée à la baisse des revenus, des retraites et des acquis sociaux. Tout devient source de redevance pour maintenir le train de vie des États à l'ancienne mode des privilèges seigneuriaux dont sont les forces armées, celles des interventions spéciales et des réceptions fastueuses. La peur de perdre son emploi, maintenant que le salarié devient jetable au gré des transferts d'entreprises opportunément les plus favorables (alors même que cela a un coût macro-économique préjudiciable au niveau de l'humanité), ne parvient plus à endiguer les mécontentements vis-à-vis de la progressive précarité des laborieux, consentie par des gouvernements nationaux devenus obsolètes devant l'émancipation nationale du système financier.
D'évidence, la démocratie se réduit pour les citoyens au simulacre d'avoir à voter tous les 4 à 5 ans, et pour les élus d'avoir à servir la finance internationale en entraînant le minimum de vagues dans l'asservissement des productifs depuis des promesses et des mensonges égrenés de concert et à répétition. Une disposition ne pouvant représenter qu'un pis-aller visant à maintenir le plus longtemps possible, et ce jusqu'à l'indécence, les privilèges des profiteurs du système.
Traduire régulièrement en justice les auteurs de délinquances gouvernementales, ne conduit à rien de positif, hors consolation velléitaire des gouvernés. Ce qui peut être positif sont des moyens pratiques pour que l'intolérable ne puisse plus advenir. S'indigner devant des injustices sociales, oui, se satisfaire de traduire devant les tribunaux leurs auteurs, souvent longtemps après qu'ils n'exercent plus de fonctions publiques, ne diminue pas les passe-droits et autres corruptions d'une fonction publique ne visant plus qu'à s'autoreproduire dans son institution conservatrice en s'alliant aux prédateurs de la finance pour exploiter jusqu'à précarité les consommateurs et les prestataires de services avec l'industrie qui ne fonctionne plus qu'à être rackettée par la spéculation bancaire.
Voici l'heure d'une réflexion approfondie sur les réseaux citoyens. Elle est à pouvoir décider des réformes mondiales en vue du travail des générations prochaines auxquelles sera confié la réalisation effective de nouveaux progrès sociaux.
On le sait par l'histoire, ce qui fut de tout temps légalement
juste n'est pas de collaborer aux systèmes devenus obsolètes d'entretenir
l'injustice, mais de s'opposer aux injustices. En effet, la constitution du
présent ordre établi conserve son droit en rapport à cela qui le promut, non en
rapport à ce qui l'a perverti. En sorte que l'avenir de l'humanité se projetant
maintenant à la dimension planétaire doit être redevable aux bonnes volontés, au
mieux sans distinction de classes sociales ni d'appartenance culturelle. Et dès
lors que l'on s'investit à agir en conscience, c'est de nouveau à faire coopérer
dans un même but autant les civils que les personnes auxquelles sont remis des
pouvoirs collectifs.
Le droit de la personne trouve son revers qui lui est
complémentaire avec le devoir de réciprocité. Dans son aspect positif, la
considération des valeurs humaines aperçues d'âme et en conscience se pose à les
faire croître et fructifier en prenant pour terrain ce que nous vivons
dans l'expérience du libre arbitre de soi. Donc aucunement à se
constituer les gendarmes faisant respecter des interdits ancestraux. Car autre
chose que la fonction de gendarme, est de devenir par soi-même un artisan animé
de volonté d'ouverture auprès d'autres sensibilités ordinairement cataloguées de
marginales pour cause de constituer des interprétations parallèles de la
réalité. Cela se peut en apercevant que chacune de ces interprétations ne peut
être que relative et donc incomplète, à relever d'expressions singulières du
potentialisé dans l'humanité.
En tant que fondée sur
l'intercommunication d'une recherche personnalisée susceptible de motiver des
choix personnels de conduite et qui sont donc personnalisables, les discussions
fondées sur des opinions inévitablement diversifiées sont au mieux à faire vivre
le partage d'un donné à réfléchir hors tout dessein de distribuer des savoirs à
consommer. Des concepts nouveaux peuvent surgir à déranger nos idées préconçues,
mais c'est de cela que peut germer en nous le doute qui, si fréquemment, nous
sauve d'une sclérose progressant pour cause de certitudes. Aussi, ce qui guide
ce choix de porter ainsi notre regard sur l'avenir est de penser qu'au progrès
des personnes, partager de nouvelles interrogations est de plus de profit
qu'apporter autoritairement des réponses.
Pour ne pas séduire au moyen de
vérités jugées incontournables, ces interrogations sont source de remises en
question personnelles, avant de pouvoir avancer les matériaux pour construire de
meilleures représentations. Si, par suite de dialectiquement les diffuser, il
nous arrive de déranger ou de bousculer des idées toutes faites, ce n'est pas
dans l'intention de choquer, ni de heurter autrui par le biais de cela auquel il
est à croire comme une différence expérientielle acquise à partir de son vécu
personnel, et encore moins de chercher à lui imposer des opinions.
Des
relations qu'on souhaiterait de cela plus humaines que dans le contexte des
concurrences sont au mieux à satisfaire des sympathies venant de partager un
champ commun de recherches assorties de luttes personnelles (au sens de
s'effectuer en soi à ne pas exclure des misères intérieures et des difficultés
de vie). Ce sont en effet des sympathies et des sentiments humains qui peuvent
soutenir et porter cela qui reste axé sur les efforts personnels disant oui aux
nourritures apportant avec elles la chaleur nécessaire au métabolisme des âmes à
sang chaud et non aux satellisations autour de dogmes à capter des inclinations
partisanes.
En dernier ressort, les efforts que chacun entreprend dans
une continuité à progresser en lui-même sont peut-être dans l'art toujours
personnalisé d'une ouverture conscientielle en quête du mieux et par laquelle on
ne trouve jamais vraiment ce que l'on cherche, concilié à cela que l'on découvre
auprès d'autres sans l'avoir vraiment cherché.